Les 19 questions partagées...

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Tour de table : Qui suis-je ? Une expérience à mettre en récit ? Un questionnement ?

Juliane Court

PNR Livradois-Forez

Expérience : programme Habiter autrement les centres-bourgs

Travaille à organiser des résidences d'architectes en rural, plus ou moins longues

Question : comment la force du récit accompagne le changement dans ces projets d'études urbaines, comment le fait d'écrire des récits avec les habitants peut leur permettre de modifier les projets ?

Emeline Romanat

Pari des Mutations Urbaines (Ambert), travaille à des sujets de redynamisation de centres-bourgs en milieu rural

Expérience : on a acheté une maison à Ambert pour en faire un lieu d'activité qu'on partage, une expérience collective qui en est à ses débuts : comment on communique cette aventure collective ? Comment on raconte à l'extérieur cette aventure et comment on donne envie aux gens de nous rejoindre ?

Question : « Mise en récit ». Sur un projet de mobilier artistique dans le Lot le long d'une promenade - qu'est-ce qu'un mobilier artistique ? la commande est double : faire une mise en récit associée : dans le fond qu'est-ce qu'on raconte ? quelle forme ça prend ? Quel fond, qu'est-ce que ça amène ? Est-ce indispensable ? Est-ce qu'on raconte notre récit à nous, est-ce qu'on invente une fiction totale ? On nous demande de faire un produit touristique, un récit publicitaire ? "[]il faut qu'on provoque un surcroît de jouissance le long du parcours[]" – une sorte de produit touristique. Peut-on faire exister un récit de contre-tourisme ?

Mireille Gansel

Je m'appelle Mireille, au fond je suis passeuse, je traduis depuis longtemps, en divers langues, de l'anthropologie à la poésie, des choses qui touchent à l'humain. Je dis souvent que []rien de ce qui est humain n'est intransmissible[]. Alors comment on fait passer ?

Expérience : en Nouvelle-Zélande, un fleuve et des maoris. Selon ce que tu veux faire des trésors que tu ramènes, tu vas trouver ton langage. Chaque sujet est une forme à réinventer.

Question : Donner la parole, passer, transmettre, ne pas parler à la place de quelqu’un.

Une des dimensions du récit va amener celui qui le lit à se re-situer et à faire un chemin lui-même. Faire une fiction peut provoquer une distance totale, c'est pas dit que ça le mette en situation de donner sa réponse. Par expérience, ça peut se jouer au niveau du pronom personnel : « je, tu, il », c'est subtil mais ça me parait intéressant dans des démarches de récit, que ça turbine chez les acteurs, que ça se mette en route.

Catherine Clarisse

Itinérance – j’enseigne le projet architectural et urbain en école d'architecture.

Je viens souvent vous rendre visite sur vos sites de permanences.

L'objet : mon carnet, en dessinant ça me permet d'enregistrer des choses qui se passent,

La question : la confrontation des différents récits des territoires pour le comprendre. Il y a plusieurs prismes de lecture d'un territoire, comment on les fait co-exister ? Il y a des gens qui ne parlent pas, comment on travaille ensemble autrement qu'en parlant ? On peut aussi convoquer des savoir-faire comme langage.

Esther Guillemard

Après l’Université Foraine de La Gauthière, travaille en agence maintenant, plus conventionnel.

Question : comment on raconte sans tout dire ? Comment on transmet l'essence d’un projet rempli d'anecdotes, mais qui font sens ?

Hélène Bucher

Association ICI !, Île Saint-Denis.

Une expérience de permanence en cours dans le 93 dans une cité, nous somes architectes de quartier depuis 2014.

Questions : quand est-ce qu'on écrit ? Quand vient le récit ? Quand c'est fini, quand c'est retombé, ou au contraire quand c'est encore frais ?

Quand on prend la parole, est-ce qu’on enjolive, est-ce que je raconte ce qui m'intéresse parce que ça oriente la suite du projet ?

Est-ce que le récit pourrait être chiffré, comme un bilan ? De la data analytique ?

Quel format emprunter pour que ce soit lu / entendu ?

Quelle place à la fiction / science fiction comme outil de projet ? de réflexion ?

Aussi une question sur l'échec : faut-il raconter l'échec ? Le récit peut-il sublimer l'échec ? Est-ce qu'on veut transmettre l'échec ?

Fanny : Dans l’Éducation Populaire, réécrire un récit avec ses échecs, c'est une manière de remettre de la continuité dans son parcours, de se réapproprier les choses difficiles qu'on a vécues - Les difficultés plus que les échecs.

Chloé : ça pose aussi la question de l'évaluation !

Cécile Nast

Stagiaire chez Carton Plein, dans une dynamique étudiante

Expérience avec Didattica : une speed dating où on présentait en 6 minutes des bilans qu'on avait fait à des élus. On avait choisi de mettre en place des scénettes en prenant à partie des élus présents. Des titres provocateurs comme : "Comment faire quelque chose avec rien ni personne ?". On sait qu'on a réussi à faire passer des messages, mais ça n’a pas forcément plu, ça les a dérangés. Cette forme plus artistique a moins bien été perçue qu'une mise en forme classique d'archi-urba.

Question : faut-il "faire sérieux", ou plus original mais en perdant de la crédibilité et des auditeurs ?

Charlotte Vuarchex

Complice de Suzie depuis longtemps.

Expérience : permanence à Clermont du nouveau bâtiment de Michelin et la place des Carmes (ville + entreprise du cac40).

Question : comment on peut arriver à raconter des choses factuelles, politiques, et en même temps glisser des « paillettes », de la poésie, de l’onirique ? Comment on s'autorise à le faire alors qu'on n’a pas toujours cette confiance en nous ? Comment on arrive à joindre du très concret et du rêve ?

Edith Hallauer

Expérience : enseignante. Comment est-ce qu'on arrive à emmener des étudiants dans l’inconnu, à des endroits d’eux-mêmes qu'ils ne connaissent pas, mais où on sait qu'ils seront plus grands après ?

Question : []"Le conte est un mensonge pour mieux dire la vérité"[] dit Gigi Bigot. Comment on peut dans nos pratiques travailler la parole symbolique ? Le rêve, la métaphore et sa puissance ? Une fois j’ai dit à une étudiante « écris toutes tes vérités d’aujourd’hui sur une feuille et brûles-la. Après ça, le travail commence ». Ça a marché !

Agathe Chiron

Expérience : la tactique du concierge, être madame élastique, trouver les intérêts de chacun pour réussir à les mobiliser sur du commun.

Question : le faire, le pratiquer, c'est déjà un fonctionnement très particulier, alors comment trouver une forme limpide qui montre cette complexité ?

Fanny Herbert

Vient de la sociologie et de l'art

Question du récit présente partout dans ce que j'ai pu expérimenter : comprendre une situation par des récits multiples, des entretiens, des observations.

Question sur la place des artistes là dedans ? Dire des choses impossibles à dire ...

Cartonnerie : écriture d’un livre après 8 ans de travail, nécessité de s'exprimer, de la colère, besoin d'un an pour faire parler les gens, faire exister les 4 visions différentes et parler à plusieurs fois. Nous avons eu des sage-femme qui nous ont aidé à accoucher.

Ce qu'on rend au commanditaire, ce n'est pas le récit qu'on doit faire de l'expérience... il y a besoin de cadres à côté !

Question : on a toujours un désir absolu de tout dire ! On n’arrête pas de produire des récits, des blogs, des sites, des pages facebook, des mails… Comment on gère ce désir d'absolu tout en étant certains qu’il faut faire des choix assez radicaux pour donner une porte de lecture, une synthèse ? Dans cette posture de transmission, volonté d'être un caméléon et de parler à tous ! Un langage qui parle à tous n'existe pas. Alors, assumer la boule à facettes, le multi-public, la multi-forme ?

Chloé Bodart

Expérience : agence d'architecture, activer différents sujets / territoires / échelles

Permanences urbaines - dans des centres bourgs, écriture de commande adaptée

Question : la mise en récit me questionne à chaque fois - produire un élément transmissible et compréhensible sur chaque projet ? Comment essayer de transmettre à des gens moins outillés, voir avec des formes sans textes / lecture ? Niveau de lecture et de compréhension par tous ? Quand je dis "On va activer le chantier avec de la permanence architecturale" personne ne comprend ! Les outils pour essayer de transmettre ce qu'on fait sont très complexes, ils ne parlent ni aux élus, ni aux autres agences d'archis. Comment on se fait comprendre ? Comment on explique que c'est essentiel ce qu'on fait ?

"Un récit ne doit pas être un bilan mais une transmission de processus"

Le récit de l’expérience peut-il être une évaluation ?

Emmanuelle Guyard

Premières expériences avec le Collectif Etc - raconter les histoires plus que les produits finis, faire exister des visions sensibles des espaces publics plus importants que le banc qu'on a construit - une expérience de chantier, une fiction imaginaire,

Le récit, les mots, les concepts : par le texte on arrive souvent à transformer des choses banales avec des mots compliqués - on fait l'inverse de ce qu'on veut faire.

Question : Quels mots pour dire la surface et le fond ? Quelle forme qui soit à l'image de ce qu'on fait, de la pluralité de nos langages et interlocuteurs ?

Bénédicte Mallier

Architecte au sein du Cabinet d’Emile R en Mayenne. Collectif 2-4.

Un rapport au récit un peu complexe - quand je suis sortie de l'école d'archi je suis partie en thèse, sur l’idée que faire un projet d'architecture c'était écrire une fiction. Le roman pouvait une source, un outil supplémentaire. J'ai abandonné ce truc au bout de deux ans, je voulais plutôt vivre un récit au lieu d'analyser les récits des autres.

Question : à Pré-En-Pail, on s'est retrouvés à rénover ce qui doit s'appeler un tiers lieu, le 2.4. J'ai la sensation que cette aventure va se finir, elle a un début, elle peut avoir une fin.

Mais peut-on mettre en récit l'expérience vécue, arrêter de focaliser sur le lieu lui-même, sur sa fin possible ? Comment l'écriture du récit peut rendre intéressant, valoriser la puissance de l'aventure, le processus plus que le lieu ? Le pot de rillettes fait par Nicole a vraiment autant d'importance que le cahier de recommandations à rédiger. Comment c'est la rencontre des deux choses qui fait projet, sans que l’un soit plus important que l'autre ?

Ya ce qu'on dit, ya ce qu'on sous-titre, ya la tronche des gens ... en ce moment je trouve que le format du roman graphique c'est un bon outil pour ce qu'on vit en ce moment. Mais qui le fait, quand, et avec quels moyens ? Comment on gagne les qualités d'écoute ? Changer de registre, adapter son récit ?

Suzie Passaquin

Architecte, ex Université Foraine de La Gauthière.

Expérience récente : invitation par une mairie et des habitants d'un quartier insalubre et difficile. La mairie nous a fait venir pour activer certaines choses. 4 mois, des petits temps chaque mois, + une grosse semaine de chantier. Nous avons fait une mise en scène costumées, des chansons en patois, dans des lieux qui méritaient une nouvelle mise en lumière, installation éphémère murale ... Séance photo, par hasard on s’est retrouvé avec une famille surreprésentée sur les murs du quartier, en surmédiatisation. Ça nous a échappé et ça a été compliqué.

Question : comment en produisant un récit on fige en quelque sorte une histoire ? On produit une chose qui pour nous n'est qu'une étape, mais elle est un point sur lequel le public se focalise… comment faire des récits qui ne figent pas ?

Maxime Leclerc

Archi, travaille depuis 3 ans sur un gros projet, siège social de Michelin

Questions : qu'est ce que ça vaut de faire une permanence architecturale avec une grosse entreprise ? qu'est ce que ça peut donner ? La mise en récit de ce qui est en train de se passer est très enjolivée, il y a une maîtrise de la communication par le groupe privé : on parle très peu de ce qu'on rate, on donne en main propre nos éditos où on raconte ce qui est en train de se passer, parfois on explique certains détails, tout n’est pas publié.

J'espère qu'il y aura une phase de retour, un petit format d'écriture où il pourrait y avoir les échecs et les difficultés qu'on a pas le droit de formuler aujourd'hui, il y a un véto là dessus.

Question : est-ce que ça vaut la peine de se jeter dans la gueule du loup en faisant du participatif pour un gros privé, est-ce que le récit vaut la peine s'il est récupéré pour la communication d'un grand groupe ? Autocensure ? Double publication ?

Clémentine Lescanne

travaille comme paysagiste à paris, pour la commande publique

Réponds de plus en plus à des demandes d'intégrer les usagers dans la concertation mais aussi dans la conception. Depuis 5 ans, pas vu d'expérience réussie à ce niveau-là. S'est retrouvé à être un outil censuré sur des projets où les programmes ont déjà été fait avant. Fausse mission de redéfinition de la commande.

Fanny : D'un coté on veut légitimer nos pratiques alternatives et de l'autre coté on a des marchés publics qui n’offrent que des cadres maladroits ! Difficulté de prendre le temps de critiquer publiquement ces expériences, ces politiques publiques incompétentes. Qui est légitime pour pouvoir le dire ? Dans quelle langue ?